Témoignage

Bisexualité

Il n’y a pas énormément de temps, je dirai quelques années de ça…

J’ai avoué ma bisexualité à ma mère.

Je ne lui ai jamais présentée de femme, puisque je me suis posée avec mon homme, il y a trois ans maintenant. Mais comme elle n’arrêtait pas de dire que l’homosexualité était quelque chose d’anormale, puisqu’elle est très religieuse, j’ai eu envie de le lui dire.

J’ai eu envie de voir quelle serait sa réaction face à mon aveu.

Vous savez ce qu’elle m’a répondu ? Rien. 

Elle a d’abord fait comme-ci elle ne m’entendait pas.

Alors j’ai répété. Puis elle a dit :

« De toute façon, avec toi, on en apprend tous les jours. Tout ce que tu peux pour faire ton interessante. »

Imaginez seulement ce que j’ai ressenti. 

Ma relation avec ma mère était déjà mal partie, ça ne s’est pas arrangé avec cet épisode.

Chacun a son opinion, mais il faut que certains apprennent que les mots peuvent faire mal, encore plus mal que si on se prenait physiquement un coup. 

Il faut le savoir.

Mais bon, j’ai survécu et je vais mieux, sauf que comme vous pouvez vous en douter, c’est quelque chose qui me reste en travers de la gorge, et que je ne suis pas prête d’oublier.

Témoignage

Grosse

Quand j’étais au lycée, on m’a dit que j’étais laide, grosse, moche, etc.

Tellement de ces jolis qualificatifs, tellement de ces mots positifs.

Ironie quand tu nous tiens.

On m’a insulté et harcelé moralement, de toutes les façons possibles.

Même ma propre famille.

 » Faut maigrir hein, c’est quoi tous ces kilos en trop ? C’est moche ! « 

Ou encore.

 » Tu étais tellement mince avant, c’est dommage, maintenant tu ressembles à une grosse badoudoune, ou a une baleine échouée sur le sable. « 

J’ai pris du temps à me sentir bien malgré tout ça. 

J’ai pris du temps à passer outre tout ça. 

J’ai pris du temps à me sentir belle, à me sentir femme.

Puis je me suis rendue compte, que toutes ces personnes qui essayaient de m’humilier, ne faisaient que me donner plus de valeur. Plus elles me critiquaient, plus elles me portaient de l’attention. Et je me suis rendue compte que la seule personne qui avait un avis légitime sur moi, à mes yeux, c’était moi.

Alors j’ai commencé à m’habiller comme je le voulais, me coiffer comme je le voulais. 

J’ai arrêté de me maquiller, parce que je n’aimais pas ça et qu’un ‘c’est jolie’ ou ‘ça te va bien’ n’avait plus d’intérêt à mes yeux.

J’ai appris à m’accepter et je me suis rendue compte que je me fichais de ce qu’on pouvait bien penser de moi. 

Je me suis trouvais belle, magnifique, sûre de moi. Et en même temps, je me suis débarrassée des personnes toxiques, qui ne peuvent se sentir bien qu’en me rendant mal à l’aise.

Maintenant je m’aime. 

J’aime mes formes, mes bourrelets, ma cellulite et mes imperfections.

Je ne me suis jamais sentie aussi fière que maintenant, et aussi heureuse.

Ne laissez jamais personne vous faire douter de vous-même ! 

La seule personne qui doit avoir un avis sur vous, c’est vous.

Aimez-vous, et ensuite vous verrez qui sont ceux qui vous aiment réellement autour de vous. Car quand les mauvaises personnes réalisent qu’elles ne peuvent plus vous atteindre, d’une quelconque façon que ce soit, elles s’en vont.

Témoignage

Discrimination

Monstre. Sorcière. Extraterrestre.

Les enfants savent frapper où ça fait mal, on est cruel entre nous à l’école, et ce, depuis le début. Je ne connaissais même pas encore le sens du mot ”discrimination”, que je ne me sentais à ma place nul part.

Monstre. Sorcière. Extraterrestre.

J’ai entendu ces mots un nombre incalculable de fois. Et ils ont une chose en commun, ils montrent une différence.

Oui. J’étais différente des autres.

Et je le suis encore. Sauf qu’à l’époque, je pensais que c’était mal. C’est ce qu’on me mettait en tête, avec ces mots péjoratifs, blessants. Ça me faisait mal.

Mais un jour j’ai compris.

Quand quelqu’un croit avoir remarqué une faiblesse chez toi, il en profite, il appuie dessus. Et pour ne pas être victimes, tous préfèrent être bourreaux. Pour ne pas avoir mal, tous préfèrent faire mal.

Et ce jour-là, j’ai décidé que ma différence n’était pas ma faiblesse, c’était ma force.

D’une nature vengeresse, j’ai voulu m’amuser un peu. J’ai voulu blesser autant qu’on m’avait blessé. Ils m’appelaient ”monstre”, je suis devenue le monstre.

À l’école, en dehors. Adulte, enfant.

J’ai fait mal à beaucoup de monde dans ma vie. Parce qu’on m’avait fait mal.

Évidemment, ce n’était pas la meilleur chose à faire. Mais je n’aurai pas l’hypocrisie de vous dire que je regrette.

Rare sont ceux qui peuvent tendre l’autre joue. Qui peuvent encaisser les coups, sans pour autant avoir envie de se venger, ou tomber dans la dépression, avec des idées de plus en plus noires.

Je pense que c’est ma fierté qui m’a sauvé d’une possible dépression. Quand mes idées devenaient de plus en plus sombres. Quand je me disais que, si un camion me fonçait droit dessus, je ne bougerais pas d’un pouce. Quand je me disais que reposer au fin fond des mers serait une belle sortie. C’est ma fierté qui m’a sauvé.

Parce que oui, je suis fière.

Je ne suis pas une bonne personne, loin de là. Mais je suis fière d’être celle que je suis. Le nombre de mes secrets est trop grand pour une seule fille. J’ai vu, subi, et infligé des choses atroces, mais je me suis construite, et je suis debout.

Et je me battrais toute ma vie.

Pour un jour, dire à mes enfants : « Votre mère est forte, et cette force, vous l’avez aussi en vous. Chaque blessure cicatrise. Chaque coup dur est surmontable. Chaque jour passé, une fierté pour soi-même. Une fierté de pouvoir dire, je suis là et que ça plaise oo non, je resterai ! »

Les adjectifs qu’on m’ont donnés, même mes professeurs, maintenant j’en ris.

Dépressive. Suicidaire. Étrange.

Non.

Je suis juste différente, atypique.

Je suis moi.