Mon Bordel·Témoignage

Sans-titre II

La confiance et l’amour sont deux choses totalement différentes. Alors pourquoi dit-on qu’il faut s’aimer pour avoir confiance en soi ? Physiquement, je m’aime. Mentalement, je m’acceptent. Je n’ai aucun problème à m’affirmer. Mais ai-je confiance en moi pour autant ? La confiance a plusieurs définitions possibles. Ai-je confiance, dans le sens ou je ne doute pas de mes capacités ? Oui. Ai-je confiance, dans le sens où je me confierai ma vie, si j’étais quelqu’un d’autre ? Où je n’hésiterai pas à tout m’accorder, aveuglement ? Non. Je ne suis pas une personne de confiance, je le sais, et je le dis. Il n’y a aucune raison apparentée pour me faire confiance. Alors, à ses risques et périls, pour celui qui me l’accordera. 

Mon Bordel·Témoignage

Sans-titre I

Avant, je ne m’aimais pas. Je ne m’acceptai pas non plus, d’ailleurs. Mince, grosse, qu’importe la forme de mon corps, ma taille ou mon poids, je n’aimais rien chez moi. Ni mes yeux, sans éclat. Ni mon sourire, faux. Mon caractère était changeant, d’une année à l’autre, d’un mois à l’autre, d’une semaine à l’autre, d’un jour à l’autre, d’une minute, voire même, d’une seconde à l’autre. On me disait bipolaire, lunatique, dépressive. Des qualificatifs normalement utilisés pour une maladie, mentale ou psychologique. Ou simplement des exagérations d’enfants qui ne savent pas ce qu’ils disent. Mais quand ces mots sont utilisés par des adultes ? Doit-on les prendre au sérieux ? Par des professeurs, par exemple. Suicidaire. On m’a aussi nommée ainsi. Si ce n’était pas monstre, alien, extraterrestre, ou encore sorcière. Ne me connaissant pas moi-même, j’ai fini par croire à ces mots, à ces défauts, à ces formes de rejet. Puis, j’ai grandi. Avec un peu d’aide, j’ai appris à m’apprécier, puis à m’aimer. J’ai appris, que j’étais peut-être plus que tout cela. Que si je pouvais être démon, et faire du mal autant qu’on m’en faisait, je pouvais aussi être ange. D’une douceur que je ne me connaissais pas. D’un amour que je n’avais jamais, ne serait-ce que, vaguement ressenti. Avant récemment, je ne connaissais pas l’amour, tel qu’on me le décrivait. Je ne connaissais qu’un amour toxique et destructeur. Et c’est celui que je renvoyais, sans même m’en rendre compte. Combien de personne ai-je détruite ? Combien de coeur ai-je brisé ? Je n’ai pas tenu les comptes. Et je ne dirai pas que je le regrette, puisqu’on ne m’a jamais appris le regret. 

Témoignage

Grosse II

À quoi bon rester accrochée au passé, s’il ne nous apporte plus rien ? Cette photo date d’il y a six ou sept ans, et c’est moi. Oui, fut une époque où je fais un tour de taille 34, où j’étais mince et fine. Je ne recevais pas moins de critique pour autant. J’ai l’impression que dans la tête de certaine personne, être mince signifie avoir la vie de rêve, ridicule vous ne trouvez pas ?

« Mais, ça ne te dérange pas qu’elle soit aussi grosse ? Tu ne la préférais pas mince ? »

« Tu me présentes une copine ? Du moment qu’elle est pas grosse, ça me va ! »

« Elle fait du 40 mais là pour elle, elle est pas grosse là ! Faut qu’elle devienne obèse pour se rendre compte de comment elle est ! Là elle se trouve belle elle là ! »

Et oui, toutes ses phrases ont été prononcé par des personnes de mon entourage, la plupart du temps quand je n’étais pas là, ou que j’avais des écouteurs, ou quand j’étais à coté mais que : « on parle de toi, pas avec toi ! » J’ai eu vingt ans cette année, j’ai mon appartement, ma petite vie tranquille avec mon homme et mon chat, mais on ne me laisse toujours pas tranquille.

Ni sur ma vie, ni sur mon physique. 

« Moi je dis ça pour t’aider hein ! C’est pas très esthétique d’être grosse… »

« Tu devrais mettre des soutiens-gorge ! Sinon tes seins vont tomber et ça va être horrible, regarde une femme avec des gros seins et pas de soutiens-gorge dans la rue, les seins sont pas beaux après ! »

Aujourd’hui, je ne suis plus blessée par ce genre de phrase, juste en colère. Ils ne se rendent même pas compte que ce sont des phrases comme ça qui, toute ma vie, m’ont fait m’isoler, mais je ne leur en veux plus. À quoi ça servirait ?

« Regarde comme t’étais belle avant ! »

« Enfin, avant tu manquais un peu de forme, mais c’était mieux ! »

« On dirait que tu fais tout ça juste pour être dans le mouvement ! Avec toi, on en apprend tous les jours ! Un jour tu aimes être grosse, le lendemain tu es bisexuelle, ensuite tu donnes des avis féministes ! Arrête un peu de faire ton intéressante. »

C’est triste, mais c’est comme ça. J’entendrais toujours ce genre de phrase, qu’importe ma taille, mon poids, mon âge ou encore, l’endroit où je suis. Qu’importe que ma vie soit rangée et réussi ou que je sois au fond du trou.

Le plus triste, c’est que je m’y sois habituée.

Témoignage

Je suis une rose !

J’ai des rêves, des envies, des désirs…

Je suis une rose avec beaucoup d’épines, je ne suis pas fine, je ne suis pas parfaite, je suis une rose voluptueuse qui a déjà fanée, puis qui a refleuri, une bonne dizaine de fois, et qui chaque fois à grossi ses épines pour se protéger. J’aime, je n’aime pas, je suis une passionnée, et tout ce que je fais, je le fais à fond, heureusement ou malheureusement. Je suis caractérielle, difficile à vivre, presque schizophrène, mais je le vis bien. Pendant une période, j’étais dépressive, mais je m’en suis sortie et ce fût mon plus beau combat. De temps en temps, mes travers reviennent, mes vices et mes désirs sombres et obscurs. Les crises de paniques, les cauchemars, la respiration qui reste bloquée dans ma gorge. L’envie de tout fuir, sans me retourner, d’abandonner, mais je ne le fais pas, honneur et fierté m’en empêchent et je les en remercie du fond de mon âme, tantôt sombre, tantôt lumineuse. Plus proche du démon que de l’ange, ça ne m’empêche pas de protéger, de tout donner pour ceux que je juge le mériter. Je suis complexe, indécise, je ne sais pas toujours ce que je veux devenir, ce que je veux être, ce que je veux faire, mais je sais ce que je ne veux pas, ce que je ne voudrais jamais, ô grand jamais. Je sais qu’il ne faut jamais dire jamais, que seuls les imbéciles ne changent pas d’avis, mais je préfère être une imbécile que tolérer ou faire certaines choses, je n’y peux rien, c’est comme ça.

Voilà une partie de moi, peut-être que je vous en ferai découvrir davantage.

Témoignage

Peur de la mort

Je ne comprends pas la peur de la mort. 

J’ai peur d’énormément de chose, et ce, depuis ma plus tendre enfance. 

J’ai peur du noir, de la lumière. 

J’ai peur d’être seule. 

J’ai peur de la foule. 

J’ai peur des humains. 

J’ai peur des insectes. 

J’ai peur de me lever le matin, d’affronter mes journées. 

J’ai peur de m’endormir le soir, sans savoir de quoi seront fait mes rêves. 

J’ai peur que ceux à qui je tiens me laissent tomber. 

Et j’ai peur qu’ils soient trop collés à moi. 

Peur de m’engager. 

J’ai peur de vivre. 

Tout en ce monde m’angoisse, même si je ne laisse rien paraître. 

J’ai grandi seule, sans compter sur personne, des rêves pleins la tête. 

Rien n’est sûr dans la vie. 

Ce qu’on a aujourd’hui, on le perd demain. 

La souffrance peut arriver, même en compagnie des plus belles choses. 

On monte pour mieux tomber. 

Je n’ai jamais eu peur de la mort, en venant presque à me dire, que le jour où elle arrivera, elle me délivrera de mes peurs. 

Mais j’attends. 

Je ne la ferai pas venir plus vite. 

Parce que, ce que j’ai appris, c’est qu’il faut affronter ses peurs. 

Et je le fais tous les jours, parce que je vie.

Témoignage

Bisexualité

Il n’y a pas énormément de temps, je dirai quelques années de ça…

J’ai avoué ma bisexualité à ma mère.

Je ne lui ai jamais présentée de femme, puisque je me suis posée avec mon homme, il y a trois ans maintenant. Mais comme elle n’arrêtait pas de dire que l’homosexualité était quelque chose d’anormale, puisqu’elle est très religieuse, j’ai eu envie de le lui dire.

J’ai eu envie de voir quelle serait sa réaction face à mon aveu.

Vous savez ce qu’elle m’a répondu ? Rien. 

Elle a d’abord fait comme-ci elle ne m’entendait pas.

Alors j’ai répété. Puis elle a dit :

« De toute façon, avec toi, on en apprend tous les jours. Tout ce que tu peux pour faire ton interessante. »

Imaginez seulement ce que j’ai ressenti. 

Ma relation avec ma mère était déjà mal partie, ça ne s’est pas arrangé avec cet épisode.

Chacun a son opinion, mais il faut que certains apprennent que les mots peuvent faire mal, encore plus mal que si on se prenait physiquement un coup. 

Il faut le savoir.

Mais bon, j’ai survécu et je vais mieux, sauf que comme vous pouvez vous en douter, c’est quelque chose qui me reste en travers de la gorge, et que je ne suis pas prête d’oublier.

Témoignage

Grosse

Quand j’étais au lycée, on m’a dit que j’étais laide, grosse, moche, etc.

Tellement de ces jolis qualificatifs, tellement de ces mots positifs.

Ironie quand tu nous tiens.

On m’a insulté et harcelé moralement, de toutes les façons possibles.

Même ma propre famille.

 » Faut maigrir hein, c’est quoi tous ces kilos en trop ? C’est moche ! « 

Ou encore.

 » Tu étais tellement mince avant, c’est dommage, maintenant tu ressembles à une grosse badoudoune, ou a une baleine échouée sur le sable. « 

J’ai pris du temps à me sentir bien malgré tout ça. 

J’ai pris du temps à passer outre tout ça. 

J’ai pris du temps à me sentir belle, à me sentir femme.

Puis je me suis rendue compte, que toutes ces personnes qui essayaient de m’humilier, ne faisaient que me donner plus de valeur. Plus elles me critiquaient, plus elles me portaient de l’attention. Et je me suis rendue compte que la seule personne qui avait un avis légitime sur moi, à mes yeux, c’était moi.

Alors j’ai commencé à m’habiller comme je le voulais, me coiffer comme je le voulais. 

J’ai arrêté de me maquiller, parce que je n’aimais pas ça et qu’un ‘c’est jolie’ ou ‘ça te va bien’ n’avait plus d’intérêt à mes yeux.

J’ai appris à m’accepter et je me suis rendue compte que je me fichais de ce qu’on pouvait bien penser de moi. 

Je me suis trouvais belle, magnifique, sûre de moi. Et en même temps, je me suis débarrassée des personnes toxiques, qui ne peuvent se sentir bien qu’en me rendant mal à l’aise.

Maintenant je m’aime. 

J’aime mes formes, mes bourrelets, ma cellulite et mes imperfections.

Je ne me suis jamais sentie aussi fière que maintenant, et aussi heureuse.

Ne laissez jamais personne vous faire douter de vous-même ! 

La seule personne qui doit avoir un avis sur vous, c’est vous.

Aimez-vous, et ensuite vous verrez qui sont ceux qui vous aiment réellement autour de vous. Car quand les mauvaises personnes réalisent qu’elles ne peuvent plus vous atteindre, d’une quelconque façon que ce soit, elles s’en vont.