Sans-titre I

Avant, je ne m’aimais pas. Je ne m’acceptai pas non plus, d’ailleurs. Mince, grosse, qu’importe la forme de mon corps, ma taille ou mon poids, je n’aimais rien chez moi. Ni mes yeux, sans éclat. Ni mon sourire, faux. Mon caractère était changeant, d’une année à l’autre, d’un mois à l’autre, d’une semaine à l’autre, d’un jour à l’autre, d’une minute, voire même, d’une seconde à l’autre. On me disait bipolaire, lunatique, dépressive. Des qualificatifs normalement utilisés pour une maladie, mentale ou psychologique. Ou simplement des exagérations d’enfants qui ne savent pas ce qu’ils disent. Mais quand ces mots sont utilisés par des adultes ? Doit-on les prendre au sérieux ? Par des professeurs, par exemple. Suicidaire. On m’a aussi nommée ainsi. Si ce n’était pas monstre, alien, extraterrestre, ou encore sorcière. Ne me connaissant pas moi-même, j’ai fini par croire à ces mots, à ces défauts, à ces formes de rejet. Puis, j’ai grandi. Avec un peu d’aide, j’ai appris à m’apprécier, puis à m’aimer. J’ai appris, que j’étais peut-être plus que tout cela. Que si je pouvais être démon, et faire du mal autant qu’on m’en faisait, je pouvais aussi être ange. D’une douceur que je ne me connaissais pas. D’un amour que je n’avais jamais, ne serait-ce que, vaguement ressenti. Avant récemment, je ne connaissais pas l’amour, tel qu’on me le décrivait. Je ne connaissais qu’un amour toxique et destructeur. Et c’est celui que je renvoyais, sans même m’en rendre compte. Combien de personne ai-je détruite ? Combien de coeur ai-je brisé ? Je n’ai pas tenu les comptes. Et je ne dirai pas que je le regrette, puisqu’on ne m’a jamais appris le regret. 

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Du plus loin que je me souvienne, j'ai toujours été une amoureuse des mots. D'après ma mère, j'étais déjà une pipelette au bout de quelques mois, alors que je ne comprenais sans doute même pas le quart de ce que je baragouinais dans mon langage de bébé. Quand j'ai découvert la musique, j'étais en extase en entendant les voix, même quand je ne savais pas ce que signifiait les paroles, j'étais plus attirée par les paroles que par la musique elle-même. Puis j'ai appris à lire, à écrire et je dirais que c'est à ce moment que ma vie à vraiment commencée. J'ai commencé par inventer des chansons à sept ou huit ans, des semblants de poèmes et autres, même si ça ne voulait pas dire grand-chose. Ma mère ne comprenait pas mon obsession pour les journaux intimes et les carnets. Entre texte et dessin, je les remplissais tous très vite et j'en voulais toujours plus. De plus grand, plus beau ou de plus petit et plus pratique. Romans, poèmes, chansons. Je suis attirée par les mots, les lettres, les langues, les voix. Pendant mes années collèges, cela m'a joué pas mal de mauvais tour, puisque je suis tombée dans les pièges de ceux qu'on appelle « les beaux-parleurs ». J'ai donc dû apprendre à lire entre les lignes. Mieux, j'ai appris à écouter, à entendre ce qui n'est jamais dit à voix haute. Et maintenant, ce que j'aimerai, c'est simplement partagé mes mots avec vous.

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