Chronique n°4 : L’héritière – Melinda Salisbury


Titre : L’héritière – Tome 1.
Auteur : Melinda Salisbury.
Édition : Gallimard Jeunesse.

Genre : Fantasy – Romance.
Pages : 327.

Ma note : 🔥🔥🔥🔥🔥 / 5
Coup de coeur !

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« Twylla est promise au prince héritier du royaume de Lormere. Mais la jeune élue possède un don maléfique. Elle a le pouvoir de tuer par son simple toucher : elle est l’arme parfaite ! La cruelle reine qui l’a adoptée la contraint à exécuter les traîtres. Nul ne peut approcher Twylla sans risquer sa vie. Jusqu’au jour où Lief, son nouveau garde, charmant et rebelle, fait vaciller la jeune fille dans sa foi et sa soumission… »

Traduit de l’anglais par Emmanuelle Casse-Castric.

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Résumé

Je vous souhaite la bienvenue dans l’univers chaotique qu’est la vie de Twylla. Encore un monde que j’aurais du mal à vous résumer sans délier un peu trop ma langue. L’histoire est tellement pleine d’information, que c’est difficile de ne pas tout vous raconter.

Alors, la jeune Twylla est au service de la reine de Lormere. En tant que Daunen incarnée, elle a le devoir d’exécuter les traitres du royaume car sa peau est empoisonnée. Un seul touché suffit à mettre fin à votre vie.

Selon la religion créée par l’autrice, Daunen était la fille du dieu du soleil – Daeg — et de la reine de la lune – Naeth – qui veillait à ce que l’équilibre entre sa mère et son père soit préservé. Twylla, la réincarnation de Daunen, doit donc vivre avec la malédiction de la mort, que Naeth avait fait porter à Daunen.

Seuls les membres de la famille royale – qui sont bénis des dieux – peuvent donc toucher la jeune fille, sans en subir les effets. Ce qui explique, entre autres, que la jeune rousse soit la promise du prince Merek.

L’histoire prend un tournant inattendu quand Lief, le nouveau garde de la demoiselle, entre dans la vie de celle-ci et la fait totalement basculée. Toutes ses croyances et son passé s’en trouve remis en question et des émotions, qu’elle ne soupçonnait pas, s’éveille en elle.

Entre mensonge et trahison, l’histoire devient un vrai chaos émotionnel. Qui ment ? Qui ne ment pas ? Ami ? Ennemi ? Ou manipulateur ? Elle ne peut être sûre de rien.

Rien ne va plus, et tout empire au fil des pages, quand un certain joueur de flute se joint à une partie menée par la reine.

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Mon avis sur ce roman

L’héritière est une histoire magnifique, éblouissante.

La façon dont Melinda Salisbury tourne ses mots, nous fait entrer dans un jeu presque malsain avec les personnages. Nous nous retrouvons coincé, complice de tous les mensonges et de toutes les actions qui créées le vice de l’histoire.

Se passant à une époque monarchique et très religieuse, l’histoire nous montre des valeurs et des traditions nouvelles, aussi sublime qu’horrible. Je m’y suis perdue, je m’y suis plongée, tête la première, sans pouvoir en sortir. Et je crois bien que, même une fois le livre terminé, j’y suis restée.

Comme beaucoup d’ouvrage, je l’ai lu plusieurs fois. Encore et encore, jusqu’à presque connaître par coeur toute la machination de la reine.

Plus je lisais les mots de l’auteure, plus j’aimais et je détestais ses personnages. Parfois sombres et parfois aussi lumineux et bienveillants que le soleil. Dans cette histoire, je n’ai pu faire confiance à personne, subissant – au même titre que Twylla – des désillusions que je n’aurais pu soupçonner.

Je me suis retrouvée dans le même cas d’innocence et d’incompréhension que la jeune fille. Je me suis sentie triste et trahie, mais j’ai aussi ressenti ses moments de joie intense et ses sentiments naissants.

L’histoire m’a aussi parue d’une réalité surprenante, quand je me suis rendue compte que, comment dans la vie de tous les jours, nous pouvons volontiers avaler un mensonge ou une histoire fabulée, si cela nous sort d’un sort ou d’un destin, que nous ne pensions pas être digne de nous.

J’ai aussi été ravie, quand à travers l’histoire initiale de Melinda Salisbury, j’ai pu découvrir une autre histoire, transmise par les personnages. Rien que ça, m’a fait me sentir, comme si je faisais partie de l’aventure, comme si je la vivais avec eux.

C’était époustouflant ! Et en en voici la preuve :

« Lorsque la princesse Alianor est morte avant sa troisième moisson, la reine et le premier roi ont perdu à la fois leur fille et la future épouse du prince. Et comme toujours en cas de décès, qu’il s’agisse d’un personnage de haute naissance ou d’un manant, on fait venir ma mère, la Mangeuse de péchés de Lormere, pour Dévorer les péchés de la princesse morte.

Ma mère est grosse, engraissée par tous les péchés des morts qu’elle consomme lors de la Dévoration, le repas préparé et servi pour elle comme si elle était la reine ce jour-là. Lors d’une Dévoration, les personnes endeuillées couvrent le cercueil de pain, de viande, de bière, et d’autres mets. Chacun représente un péché connu ou que l’on soupçonne le défunt d’avoir commis. Elle Dévore tout. Il le faut. C’est la seule façon de laver l’âme afin qu’elle puisse monter au royaume éternel. Ne pas finir le repas, c’est condamner l’âme à errer sur terre pour toujours. Nous avons tous entendu les histoires de spectres qui hantent les bois de l’Ouest, à cause de Mangeuses de péchés moins consciencieuses que ma mère et qui n’ont pas réussi à venir à bout d’une Dévoration.

Elle s’est assise devant le cercueil minuscule de la princesse et a dévoré ses péchés. Des péchés sucrés, parfumés à la grenade, à la muscade, des péchés trop riches et extravagants pour une si petite fille. Elle les a tous dévorés. La reine et le premier roi ont pleuré leur enfant, tout en cherchant à la remplacer, car le prince, âgé de huit ans, avait besoin d’une épouse afin de pouvoir accéder au trône. Mais moins de deux lunes après la mort d’Alianor, le roi est tombé malade et a succombé lui aussi. »

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Voilà un extrait que je trouve très intéressant et qui, quand je l’ai lu, m’avais vraiment intrigué ! Je ne sais pas trop ce que vous en pensez mais je le trouve vraiment bien, du fait que tout ça nous montre une tradition extraordinaire, créée par l’auteure.

Je vais donc vous laisser là-dessus, en espérant, comme toujours que vous me donnerez votre avis et que je vous ai donné envie de découvrir cet énième nouvel univers.

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Publié par

Du plus loin que je me souvienne, j'ai toujours été une amoureuse des mots. D'après ma mère, j'étais déjà une pipelette au bout de quelques mois, alors que je ne comprenais sans doute même pas le quart de ce que je baragouinais dans mon langage de bébé. Quand j'ai découvert la musique, j'étais en extase en entendant les voix, même quand je ne savais pas ce que signifiait les paroles, j'étais plus attirée par les paroles que par la musique elle-même. Puis j'ai appris à lire, à écrire et je dirais que c'est à ce moment que ma vie à vraiment commencée. J'ai commencé par inventer des chansons à sept ou huit ans, des semblants de poèmes et autres, même si ça ne voulait pas dire grand-chose. Ma mère ne comprenait pas mon obsession pour les journaux intimes et les carnets. Entre texte et dessin, je les remplissais tous très vite et j'en voulais toujours plus. De plus grand, plus beau ou de plus petit et plus pratique. Romans, poèmes, chansons. Je suis attirée par les mots, les lettres, les langues, les voix. Pendant mes années collèges, cela m'a joué pas mal de mauvais tour, puisque je suis tombée dans les pièges de ceux qu'on appelle « les beaux-parleurs ». J'ai donc dû apprendre à lire entre les lignes. Mieux, j'ai appris à écouter, à entendre ce qui n'est jamais dit à voix haute. Et maintenant, ce que j'aimerai, c'est simplement partagé mes mots avec vous.

4 commentaires sur « Chronique n°4 : L’héritière – Melinda Salisbury »

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